Le Marathon de Paris : un défi inattendu

Tout commence au détour d’un tweet après notre semi-marathon de Paris :

« On vous propose de relever un défi encore plus grand… »

Un marathon ?!! J’avais prévu de faire celui d’Amsterdam en octobre et de me préparer à cette distance mais pour Paris ça ne sera pas la même histoire…

Comment gérer une telle distance ? Moi qui était à bout de force à la fin du semi-marathon de Paris ?
J’accentue mon rythme d’entraînement. Entre sorties longues nocturnes, fractionnés et côtes, j’essaie d’augmenter ma vitesse et mon endurance.

J-1 – Salon du Running

Je retrouve Basile et Maïté sur les Champs-Elysées afin de récupérer nos tenues dans la sublime boutique Tag Heuer, décorée pour l’occasion aux couleurs du Marathon de Paris.Boutique Tag Heuer

Maïté vient tout juste de courir la Paris Breakfast, mais semble en pleine forme !
Nous entrons dans la boutique, l’accueil est chaleureux et une charmante demoiselle nous remet nos packages. Demain nous courrons en noir…

Le midi, nous faisons la connaissance (en chaire et en os) de Chloé, Stéphane et Alexandre. Des runners en or, sympathiques et rassurants. Pendant la Pasta Party, nous échangeons sur le running. J’écoute attentivement les précieux conseils et recommandations de chacun… Le temps file et nous les quittons pour rejoindre Damien sur le stand Kalenji.

De belles rencontres

 

Je passe la soirée avec Emma, au menu : des pâtes fraîches maison dans une trattoria italienne. Comme toujours avec les ami(e)s, le temps file à toute allure. Il est déjà minuit lorsque je m’endors…

Le jour J

7h00, mon réveil sonne déjà. Mes jambes sont raides, j’ai sûrement trop flané la veille au salon du running … Le temps d’avaler quelques bouchées de gâteau marathon, quelques gorgées d’eau et je me prépare. Première vérification : ai-je les bonnes baskets aux pieds !? YES ! Let’s go !

Dans le métro se mêlent les odeurs de camphre et de gel… Je suis la foule de coureurs, du jamais vu un dimanche matin…

Métro - Marathon de Paris

J’arrive place de l’Etoile, c’est grandiose ! Le temps est parfait, pas un nuage en vue, un ciel bleu à perte de vue ! Je retrouve Basile et Maïté sous le pavillon Tag Heuer. On m’offre une boisson isotonique, ça sera parfait pour patienter jusqu’au départ…

Team Tag Heuer

J’entre dans le SAS vert, celui des 4h00. Au micro, deux speakers mettent l’ambiance. Je commence à me rendre compte du moment exceptionnel que je suis en train de vivre. Comme toutes les premières fois, sûrement le plus marquant de ma vie sportive… Tout à coup je sens le stress, la pression monter. A quelle vitesse dois-je commencer ? Vais-je m’effondrer au 10km de l’arrivée ? Que faire si mes jambes m’abandonnent ?

Assailli par une foule de doutes, je regarde autour de moi. Les visages sont sérieux, chacun est concentré. J’essaie de m’échauffer rapidement pour chasser toutes les incertitudes. Puis j’y repense, #dontcrackunderpressure… Ce petit slogan simple me rassure étrangement.

Top Départ

Nous commençons à avancer, ça y est c’est parti.

L’avenue des Champs Elysées est splendide, baignée de soleil. Je tente de m’économiser lors des premiers km mais passé le 5ème mes jambes veulent s’échapper.

Tant pis, je tente de garder mon rythme d’entraînement au semi. 21km en 2h devient mon objectif. Pour la seconde moitié j’aviserai suivant mon état…

Les 12 premiers km passent vite, mais par précaution je décide de prendre un gel au km 13 histoire d’alimenter mes jambes. J’en reprendrai un toutes les 30min par la suite.

Les ravitos sont nombreux, j’économise ma gourde et garde une bouteille d’eau à la main. Vu le soleil, l’hydratation va jouer un rôle majeur dans le déroulement de cette course.

Jusqu'ici tout va bien...

Km30, je repense à ce que m’a dit Alexandre la veille : « attention après le 30eme km ». Je suis encore en forme, aucune douleurs, le souffle est bon ça devrait le faire. Mais au 33eme km, les jambes ne répondent plus… Le mur du marathonien déjà ?! Je commence à ralentir, m’arrête pour marcher lors du ravitaillement isostar. La route est devenue une vraie patinoire avec le mélange Isostar puis cela se transforme en glue. « Scratch, scrotch, scratch… » Pendant quelques mètres le bitume agrippe nos baskets.

Premier tunnel, j’hurle comme un gamin. Une sorte de cri de liberté, le rythme est bon. Puis cela devient une fournaise, l’air passe difficilement. A la sortie la chaleur du soleil m’ accable encore un peu plus.

Jusqu’au km37 c’est le flou totale. Mes certitudes se sont envolées. Les 5 derniers km me semble insurmontable. Puis je repense à tout le chemin parcouru depuis nos débuts avec Basile, aux entraînements nocturnes, aux personnes qui nous ont soutenues, accompagnées ou supportées… 5km qu’est-ce que c’est finalement ? Je reprends mes esprits. Je jette un œil au loin et je vois la flamme verte du meneur d’allure de 4H00… Elle se balance de droite à gauche, comme un appel, un défi… C’est décidé, cela devient mon nouvel objectif : j’ai exactement 4km pour rattraper cette flamme !

Je commence à accélérer. Km40, je double cette foutue flamme. Je passe le virage et vois l’arche d’arrivée. Un dernier effort et je serai marathonien !

Victoire ! La ligne est passée. Du bonheur à l’état pur ! J’avance en titubant, j’ai du mal à reprendre mon souffle. Puis je repense au conseils de P. Propage lors du trail en Aubrac. Garder les mains sur les hanches pour maintenir sa cage thoracique ouverte et permettre aux poumons de se déployer pleinement. Je reprends vie. J’appelle mon amie au téléphone mais aucun son ne sort de ma bouche. Submergé par l’émotion, je suis en larmes. « Je… J’ai terminé… Je perds mon souffle, je te rappelle… Je t’aime… »

Calloftherun Finishers !

Je récupère t-shirt Finisher et médaille puis j’envoie un sms à Maïté et Basile et leur donne rdv sous la tente Tag Heuer

Calloftherun Finishers du Marathon de Paris 2015

Je croise en chemin les Lapins Runners. Très sympathiques, j’espère les retrouver dans ma ville lors de The Trail Yonne les 2 et 3 mai.

J’y retrouve Alexandre. Malgré son chrono il a l’air frais ! Félicitations à lui pour sa superbe performance !

Je profite des massages, du Compex et du buffet mise à notre disposition par Tag Heuer. Je ne pouvais rêver meilleures conditions pour vivre mon premier marathon ! Encore merci, un rêve se réalise grâce à vous !

Un buffet incroyable chez Tag Heuer

Merci…

Félicitations Basile, tu as encore repoussé tes limites ! Marathonien avant tes 30 ans !

Bravo Chloé, Alexandre, Stéphane, Rémy, Amélie, les lapins Runners, Alex et tous les autres !

Merci Emma pour ton accueil, Sabine et Damien pour vos conseils et encouragements et à tout ceux qui m’ont soutenu !

Mention spéciale pour Maïté qui a enchaîné la Paris Breakfast puis accompagné Basile sur plus de 23km lors du marathon ! Une vraie guerrière !

Et merci à ma chérie qui a supporté mes entraînements nocturnes intempestifs et qui m’encourage chaque jour.

 

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